L'essentiel sur la SNBC 3 :
La SNBC est la feuille de route de la France pour atteindre la neutralité carbone en 2050.
Sa troisième édition, la SNBC 3, a été adoptée par le décret n° 2026-636 du 16 juillet 2026.
Objectif intermédiaire : -50 % d'émissions brutes de gaz à effet de serre en 2030 par rapport à 1990.
Budgets carbone : 342, puis 262, puis 194 millions de tonnes de CO2e par an sur 2024-2028, 2029-2033 et 2034-2038.
Sortie programmée des énergies fossiles : charbon en 2030, pétrole en 2045, gaz fossile en 2050.
Pas d'obligation directe pour les entreprises, mais un cadre de référence qui oriente les futures réglementations.
Qu'est-ce que la stratégie nationale bas carbone ?
La Stratégie nationale bas carbone (SNBC) est la feuille de route de la France pour lutter contre le changement climatique. Introduite par la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte du 17 août 2015, elle traduit les engagements pris par la France dans le cadre de l'Accord de Paris. Elle fixe la trajectoire de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) jusqu'en 2050 et définit, secteur par secteur, les orientations des politiques publiques.
La SNBC forme, avec la Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) et le Plan national d'adaptation au changement climatique (PNACC), la Stratégie française pour l'énergie et le climat. Elle est révisée tous les cinq ans : la première version date de 2015, la deuxième de 2020, et la troisième, la SNBC 3, a été adoptée en juillet 2026.Description détaillée de l'infographie
Description détaillée de l'infographie
Illustration d'un paysage rural avec des maisons, des arbres et des collines. Titre : 1. Qu'est-ce que la stratégie nationale bas carbone ? Loi introduite en 2015. Cadre de référence de la politique climatique française. Vise la neutralité carbone d'ici 2050. S'appuie sur des budgets carbone revus tous les 5 ans.

Les budgets carbone, des plafonds d'émissions par période de cinq ans
La SNBC repose sur des budgets carbone : des plafonds d'émissions de GES à ne pas dépasser, exprimés en moyenne annuelle sur des périodes de cinq ans. Fixés par décret, ils sont répartis par grands secteurs (transports, bâtiment, industrie, agriculture, énergie, déchets), ce qui donne à chaque filière un ordre de grandeur de l'effort attendu.
Période | Plafond moyen d'émissions (hors puits de carbone) |
|---|---|
2024-2028 | 342 Mt CO2e par an |
2029-2033 | 262 Mt CO2e par an |
2034-2038 | 194 Mt CO2e par an |
Le plafond de la période 2024-2028 est ainsi abaissé de 362 à 342 Mt CO2e par an par rapport à la SNBC 2.
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SNBC 3 : ce qui change avec la troisième stratégie
Publiée au Journal officiel le 18 juillet 2026, la SNBC 3 est le fruit de plusieurs années de concertation avec les collectivités, les acteurs économiques, les partenaires sociaux, les associations, les experts et les citoyens. Elle renforce l'ambition climatique de la France sur trois points majeurs.
Un objectif 2030 relevé à -50 %
La SNBC 3 vise une réduction de 50 % des émissions brutes de GES en 2030 par rapport à 1990, contre 40 % dans la SNBC 2, en cohérence avec le cadre européen. Concrètement, les émissions nationales doivent passer d'environ 376 Mt CO2e en 2023 à environ 274 Mt CO2e en 2030. Le rythme de baisse doit donc s'accélérer : selon le Citepa, les émissions n'ont reculé que de 2,1 % en 2025 par rapport à 2024.
Un calendrier de sortie des énergies fossiles
La stratégie précise le calendrier de sortie des énergies fossiles : fin de la consommation de charbon à l'horizon 2030, de pétrole d'ici 2045 et de gaz fossile en 2050. Elle s'articule avec la troisième Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE 3), adoptée en février 2026, qui vise à porter à 60 % la part d'énergie décarbonée dans la consommation énergétique de la France dès 2030.
Un objectif inédit sur l'empreinte carbone
La SNBC 3 fixe aussi un objectif de réduction de l'empreinte carbone de la France, qui intègre les émissions importées liées à notre consommation : -71 % à -79 % d'ici 2050 par rapport à 2010. L'empreinte moyenne d'un Français serait ainsi ramenée entre 2,3 et 3,1 tonnes de CO2e par an. La France devient le premier pays à se doter d'objectifs chiffrés sur ce périmètre.
Neutralité carbone en 2050 : l'objectif et les leviers
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Illustration d'une balance : sur un plateau, une usine aux cheminées fumantes ; sur l'autre, un paysage verdoyant avec une maison, des arbres et des panneaux solaires. Titre : 2. Objectif : la neutralité carbone en 2050. Réduction des émissions par 6 par rapport à 1990. Trois leviers principaux : réduction des émissions énergétiques ; réduction des émissions non énergétiques ; renforcement des puits de carbone (forêts, sols, etc.). Place de la décarbonation énergétique : moins d'énergies fossiles ; plus d'énergies renouvelables ; sobriété et efficacité énergétique.

Qu'est-ce que la neutralité carbone ?
La neutralité carbone désigne l'équilibre entre les émissions de GES d'origine humaine et leur absorption par les puits de carbone, naturels (forêts, sols, zones humides) ou technologiques (captage et stockage du CO2). Inscrit dans la loi énergie-climat de 2019, cet objectif doit être atteint en 2050.
Il suppose de réduire très fortement les émissions brutes. La SNBC 2 le traduisait par une division des émissions d'au moins six par rapport à 1990, le « facteur 6 ». Le scénario de la SNBC 3 va plus loin : il prévoit de ramener les émissions brutes à environ 63 Mt CO2e en 2050, contre plus de 540 Mt CO2e en 1990, le solde étant compensé par les puits de carbone.
Les leviers chiffrés de la SNBC 3
La SNBC 3 chiffre la contribution de chaque levier à la baisse des émissions de gaz à effet de serre.
Levier | Part des réductions d'émissions |
|---|---|
Électrification des usages | 41 % |
Biomasse | 15 % |
Efficacité énergétique | 13 % |
Sobriété des usages | 11 % |
Capture du carbone | 10 % |
Production d'énergie bas carbone | 10 % |
L'électrification des usages occupe une place centrale, grâce à une électricité largement décarbonée. Mais la SNBC 3 mobilise aussi la biomasse (bois-énergie, biocarburants, gaz renouvelables et autres énergies issues de la matière organique), l'efficacité énergétique et la sobriété. Aucune solution unique ne suffit : c'est la combinaison des leviers qui permet de tenir la trajectoire.
> À lire aussi : Décarbonation : comment réduire l'empreinte carbone de son entreprise ?
Quels acteurs sont concernés par la SNBC ?
La mise en œuvre de la SNBC repose sur la mobilisation coordonnée de l'ensemble des acteurs publics et privés.
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Quatre pictogrammes. Une balance : L'État – pilotage, réglementation, financements. Des immeubles et un bus : Les collectivités – urbanisme, transport, bâtiments. Un immeuble de bureaux entouré d'arbres : L'entreprise – feuilles de route, innovations, pratiques sobres. Une femme et un homme : Les citoyens – mobilité, logement, consommation.

L'État
L'État définit les grandes orientations, fixe les budgets carbone par décret et les articule avec la PPE. Il mobilise la réglementation, la fiscalité et les dispositifs de financement. Le Haut Conseil pour le climat, instance indépendante, évalue chaque année le respect de la trajectoire.
Les collectivités territoriales
Les collectivités territoriales déclinent les objectifs nationaux à l'échelle locale, notamment à travers leurs plans climat. Elles disposent de nombreux leviers de proximité : urbanisme, mobilité, rénovation énergétique des bâtiments publics, gestion des déchets, réseaux de chaleur.
Les entreprises
Les entreprises sont invitées à établir des feuilles de route de décarbonation, à améliorer l'efficacité énergétique de leurs bâtiments et procédés, et à se tourner vers des énergies moins émettrices. Les 50 sites industriels les plus émetteurs disposent déjà de feuilles de route dédiées, intégrées au scénario de la SNBC 3.
Les citoyens
Les citoyens contribuent par leurs choix individuels : mobilité, logement, alimentation, consommation. Cumulés, ces choix ont un impact décisif, en particulier sur l'empreinte carbone.
Ce que la SNBC 3 implique concrètement pour votre entreprise
Le décret du 16 juillet 2026 ne crée pas d'obligation juridique directe pour les entreprises. En revanche, la SNBC 3 constitue le cadre de référence qui orientera les politiques publiques des prochaines années : rénovation énergétique, décarbonation du chauffage, sortie des énergies fossiles, fiscalité et aides.
Des secteurs soumis à des budgets carbone resserrés
Chaque grand secteur dispose désormais d'un budget carbone indicatif. Le bâtiment (résidentiel et tertiaire) doit ainsi réduire ses émissions d'environ deux tiers entre 2024 et la période 2034-2038. Les transports, qui représentaient 34 % des émissions brutes en 2024, doivent descendre autour de 90 Mt CO2e en 2030. Pour les entreprises dont les locaux ou les procédés fonctionnent encore au fioul, le changement d'énergie devient un sujet stratégique.
Des obligations déjà en vigueur qui s'inscrivent dans la trajectoire
Décret tertiaire : les bâtiments tertiaires de 1 000 m² et plus doivent réduire leur consommation d'énergie finale de 40 % en 2030, 50 % en 2040 et 60 % en 2050, par rapport à une année de référence.
Bilan des émissions de GES : les entreprises de plus de 500 salariés (250 en outre-mer) doivent réaliser un bilan de leurs émissions tous les quatre ans, assorti d'un plan de transition.
Commande publique : depuis le 22 août 2026, les marchés publics doivent intégrer un critère environnemental dans l'analyse des offres. Les entreprises candidates doivent pouvoir présenter des engagements précis et vérifiables.
Mesurer, réduire, changer d'énergie : anticiper plutôt que subir
Anticiper la trajectoire permet d'étaler les investissements et de sécuriser les coûts énergétiques. La démarche tient en trois étapes :
mesurer vos émissions, par exemple avec notre calculateur CO2 ;
réduire vos consommations grâce à un audit énergétique et à des équipements performants ;
changer d'énergie pour une solution moins émettrice, adaptée à votre activité et à vos contraintes techniques.
Comment Antargaz accompagne la décarbonation des professionnels ?
Fournisseur multi-énergies, Antargaz accompagne les entreprises, les collectivités et les établissements dans chaque étape de leur transition énergétique :
Sortir du fioul : remplacer une installation au fioul par une solution au propane en citerne permet de réduire les émissions de CO2 et de supprimer suie et fumées.
Passer du fioul au (bio)propane en citernePasser au biopropane : produit à partir de déchets et de résidus organiques (hors huile de palme) et certifié ISCC+, le biopropane est la même molécule que le propane. Les clients déjà équipés au propane l'utilisent sans modifier leurs installations. Selon la base Carbone de l'ADEME, il permet de réduire jusqu'à 84 % les émissions de CO2 par rapport au propane. Plusieurs taux d'incorporation sont proposés, jusqu'à 100 %.
Découvrir l'offre biopropaneProduire votre électricité solaire : une installation photovoltaïque permet de produire une électricité renouvelable sur votre site et de valoriser votre foncier.
Découvrir le solaire photovoltaïqueMesurer votre impact : le calculateur CO2 Antargaz estime les émissions liées à votre consommation d'énergie et le gain possible selon la solution retenue.
Le propane constitue une première étape moins émettrice que le fioul ; le biopropane permet ensuite de poursuivre la décarbonation, sans changer d'équipement.
Bon à savoir :
Le texte de la SNBC 3 et ses documents d'accompagnement sont consultables sur le site du ministère de la Transition écologique. Le décret n° 2026-636 du 16 juillet 2026 est disponible sur Légifrance.
Questions fréquentes sur la SNBC
La SNBC est-elle obligatoire pour les entreprises ?
Non, pas directement. Le décret qui adopte la SNBC 3 ne crée aucune obligation juridique pour les entreprises. Il fixe un cadre de référence que l'État traduit ensuite en réglementations sectorielles, en fiscalité et en dispositifs d'aide. Plusieurs obligations existantes, comme le décret tertiaire ou le bilan des émissions de GES, s'inscrivent déjà dans cette trajectoire.
Quelle est la différence entre la SNBC et la PPE ?
La SNBC fixe la trajectoire de réduction des émissions de gaz à effet de serre de tous les secteurs jusqu'en 2050. La Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) définit les priorités de la politique énergétique : production, consommation, développement des énergies renouvelables. Les deux documents sont articulés : la PPE 3 a été adoptée en février 2026, la SNBC 3 en juillet 2026.
Qu'est-ce qu'un budget carbone ?
Un budget carbone est un plafond d'émissions de gaz à effet de serre à ne pas dépasser au niveau national, exprimé en moyenne annuelle sur une période de cinq ans. La SNBC 3 fixe les budgets 2024-2028 (342 Mt CO2e par an), 2029-2033 (262 Mt CO2e par an) et 2034-2038 (194 Mt CO2e par an), hors puits de carbone.
Qu'est-ce qui change entre la SNBC 2 et la SNBC 3 ?
La SNBC 3 relève l'objectif 2030 de -40 % à -50 % d'émissions par rapport à 1990, resserre les budgets carbone, précise le calendrier de sortie des énergies fossiles et introduit pour la première fois des objectifs chiffrés sur l'empreinte carbone, qui inclut les émissions importées.
À quelle fréquence la SNBC est-elle révisée ?
La loi prévoit une révision tous les cinq ans, pour intégrer les nouvelles données scientifiques, l'évolution du contexte économique et le bilan de la période écoulée. Trois versions se sont succédé : 2015, 2020 et 2026.