Qu'est-ce que le gaz vert ?

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Encourager le développement des énergies renouvelables. Voilà l’une des orientations stratégiques fixées par la loi sur la transition écologique. L’objectif ? « Porter la part des énergies renouvelables à 23 % de la consommation finale brute d’énergie en 2020 et à 32 % de la consommation finale brute d’énergie en 2030 ». Parmi ces énergies vertes figure le biogaz, un gaz écologique produit à partir de matières organiques. Qu'est-ce que le gaz vert a de différent du gaz naturel et comment peut-il être valorisé ? Antargaz vous apporte la réponse.

Le gaz vert, c'est quoi ?

Issu de ressources renouvelables, le gaz vert s’installe progressivement comme une alternative au gaz naturel.

 

Qu'est-ce que le gaz vert et le gaz naturel ont de différent ?

Aussi connu sous le nom de biogaz, le gaz vert s’oppose au gaz dit « naturel ». 
Le gaz naturel provient d’énergies fossiles. Par définition, il n’est pas renouvelable. À la fin de l’année 2020, les réserves de gaz naturel se chiffraient à 188,1 milliers de milliards de m3 selon le rapport Statistical Review of World Energy 2021 de BP, soit assez pour couvrir encore 48,8 années de production.  

Le gaz vert, quant à lui, s’obtient à partir d’un procédé de fermentation de matières organiques : la méthanisation. Aucune réserve naturelle n’est exploitée car il s’agit uniquement de valorisation de matière animale ou végétale.

 

De quoi est-il composé ?

Dans ce combustible écologique, vous trouverez divers composés chimiques :

Composé chimique

Formule

Pourcentage

Méthane

CH4

Entre 50 et 70 %

Dioxyde de carbone

CO2

Entre 20 et 50 %

Ammoniac

NH3

Traces

Sulfure d’hydrogène

H2S

Diazote

N2

> À lire aussi : Quels sont les avantages du gaz naturel ?

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Comment le gaz vert est-il produit ?

Méthanisation et compostage ont un point commun : ils créent de l’énergie en dégradant des matières organiques grâce à des micro-organismes. La différence majeure entre ces deux procédés biologiques naturels est simple : le milieu n’est pas le même.

En effet, le compostage se fait en milieu « aérobie », ce qui signifie que la dégradation se fait dans un environnement pourvu d’oxygène. À l’inverse, la méthanisation se déroule dans un digesteur, qui est une grande cuve étanche et thermiquement isolée de sorte que l’oxygène ne puisse pas y rentrer. C’est cette absence d’oxygène qui permet de produire du méthane, composé chimique majeur du biogaz.  

De ce procédé résultent 2 produits : 

  • le digestat, un résidu solide utilisé comme fertilisant ou pour le compostage ;

  • le biogaz.

Quelles matières organiques sont utilisées ?

Une grande partie du caractère écologique du biogaz repose sur les matières organiques fermentées, qui sont aussi appelées les « intrants ». L’arrêté du 24 juin 2014 en a défini 4 catégories : 

  • les déchets ménagers et assimilés en installation de stockage de déchets non dangereux ;

  • les déchets non dangereux en digesteur ;

    • les biodéchets ou déchets ménagers ;

    • les déchets organiques agricoles (effluents d'élevage et déchets végétaux) ;

    • les déchets de la restauration hors foyer ;

    • les déchets organiques de l'industrie agro-alimentaire et des autres agroindustries.

  • les produits agricoles en digesteur ;

  • les matières, telles que boues, graisses, liquides organiques, résultant du traitement des eaux usées, traitées en digesteur.

Selon leur teneur en matière sèche (MS), ces intrants sont méthanisés :

  • par voie humide ou liquide si leur teneur est inférieure à 15 % ;

  • par voie sèche ou solide si leur teneur se situe entre 15 et 40 %.

Les grandes étapes de la méthanisation

L’ensemble du processus de méthanisation peut être synthétisé en 4 grandes étapes : 

  1. Collecter et transporter les intrants ;

  2. Méthaniser par voie liquide ou solide (selon le type d’intrants) et épurer le biogaz pour qu’il devienne du biométhane ;

  3. Odoriser le biogaz avec du tétrahydrothiophène (THT), le contrôler, réguler sa pression et le compter afin de l’injecter dans le réseau ;

  4. Valoriser le biogaz pour en faire de la chaleur ou de l’électricité. 

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Comment est valorisé le gaz vert ?

Pouvant aussi bien être réalisé en milieu industriel que naturel, la méthanisation est donc un procédé de valorisation des déchets permettant de produire un gaz écologique (le biogaz). En raison de sa composition chimique, ce dernier doit être épuré pour en faire du biométhane. Le but ? Se rapprocher des propriétés chimiques du gaz naturel, afin de servir :

  • de combustible pour un moteur à cogénération ou pour une chaudière (production d’eau chaude sanitaire, piscine, serre, bâtiment agricole, etc.) ;

  • de carburant pour les véhicules (bio-GNV). 

À noter que le biogaz est aussi utilisé par une dizaine de centrales françaises pour produire de l’électricité !

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